Eléments d’exégèse numérale selon Jean-Gaston Bardet

Jean-Gaston Bardet donne, dans la plupart des livres qu’il a publiés, plusieurs éléments de ce qu’il appelle l’« exégèse numérale » qu’on peut résumer en disant que c’est une interprétation des Ecritures par le biais des nombres. Ces éléments d’exégèse numérale viennent en quelque sorte compléter les exégèses littérales en proposant une autre voie d’entrée dans l’intelligence des Ecritures.
Partant du fait, bien connu, qu’à chaque lettre de l’alphabet hébraïque est associé un nombre entier naturel, il rappelle l’importance de cette unité qu’il désigne sous l’appellation de lettre-nombre. L’ordre des 22 lettres ordinaires de l’alphabet hébraïque a été fixé par les Phéniciens. Esdras rapporte de l’exil de Babylone un nouveau script de l’hébreu. En effet, l’hébreu n’a pas toujours été « carré ». C’est Esdras qui va remplacer le paléo-hébreu par l’hébreu dit « carré ». C’est aussi lui qui ajoute aux 22 lettres ordinaires, les 5 lettres dites finales du fait qu’elles ont une forme différente lorsqu’elles sont en fin de mot. Ceci porte donc à 27 signes l’alphabet hébraïque adopté après Esdras.

Jean-Gaston Bardet fournit une association entre les lettres de cet alphabet et les nombres entiers naturels basée sur le principe d’égalité Ordinal-Cardinal, c’est-à-dire que chaque lettre a pour nombre cardinal son nombre ordinal, en d’autres termes, son numéro d’ordre dans l’ordonnancement des lettres fixé par les Phéniciens. Par exemple, la première lettre : Aleph (א) a pour nombre cardinal : 1, la dix-septième lettre : Phé (פ) a pour nombre cardinal : 17.

L’unité lettre-nombre fixe en quelque sorte le système d’association adopté par Jean-Gaston Bardet, système que les talmudistes et les cabalistes appellent la « petite numération ». Jean-Gaston Bardet fournit l’alphabet hébraïque sous une forme structurée contrairement à ce qui est fait habituellement. Il en propose deux structures :

  • la première en trois colonnes de 9 lettres (signes) correspondant à la Très Sainte Trinité associée aux trois lettres distinctes du Tétragramme qui est le nom de l’Essence divine fourni à Moïse, suivre ce lien : Alephbeth-3 colonnes
  • la deuxième en cinq colonnes associées à ce qu’il appelle les cinq modalités trinitaires qui correspondent au Pentagramme sacré représentant le Nom de Jésus glorifié, suivre ce lien : Alephbeth-5 colonnes.

En plus des deux éléments de base de cette exégèse, il fournit un système d’association mots-nombres. Par analogie avec l’espace tridimensionnel matériel classique, il propose un espace « spirituel » dont les trois axes correspondent aux Trois Personnes de la Sainte Trinité. Les mots hébraïques dans cet espace possèdent donc trois coordonnées appelées coordonnées trinitaires :

  • une coordonnée de l’Esprit qui correspond à la somme des nombres associés aux lettres composant le mot,
  • une coordonnée du Fils correspondant à la somme des racines des nombres associés aux lettres du mot,
  • une coordonnée du Père correspondant à la racine de la coordonnée de l’Esprit ou à celle de la coordonnée du Fils.

Nous donnons ci-après, pour illustration, les coordonnées trinitaires de quelques mots hébraïques (sans les points-voyelles), écrites en remontant de la troisième (Esprit) à la première (Père). Nous avons choisi les noms des quatre personnages bibliques que certains talmudistes disent composer les quatre roues du Chariot divin : Abraham, Isaac, Jacob et David :
Abraham (אברהם) : 52.16.7

  • Coordonnée de l’Esprit (E) : 1+2+20+5+24 = 52
  • Coordonnée du Fils ou coordonnée médiane (F) : 1+2+2+5+6 = 16
  • Coordonnée du Père ou coordonnée principielle (P) : 7

Isaac (יצחק) : 55.19.1

  • E : 10+18+8+19 = 55
  • F : 1+9+8+1 = 19
  • P : 1

Jacob (יעקב) : 47.11.2 ou en écriture pleine (יעקוב) : 53.17.8

  • E : 10+16+19+2 = 47
  • F : 1+7+1+2 = 11
  • P : 2

David (דוד) : 14.14.5 ou en écriture pleine (דויד) : 24.15.6

  • E : 4+6+4 = 14
  • F : 4+6+4 = 14
  • P : 5

Ce système de coordonnées trinitaires des mots, ou d’ensemble de mots, permet d’établir des résonances ou des échos numériques entre mots ou phrases du texte sacré qui fournissent des éléments d’interprétation de l’Ecriture, basée sur les nombres associés. Par exemple, la définition de Dieu par lui-même donnée à Moïse en Exode 3:14 (אהיה אשר אהיה) possède les mêmes coordonnées trinitaires que l’expression « Mâle et femelle » de Genèse 1:27 (זכר ונקבה).
« Résonance numérique » entre Exode 3:14 et Genèse1:27 : n’est-il pas dit que l’homme et la femme ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ?
« Je Suis Celui qui Suis » (אהיה אשר אהיה) : 84.30.3

  • E : (1+5+10+5) + (1+21+20) + (1+5+10+5) = 84

« Mâle et femelle » (זכר ונקבה) : 84.30.3

  • E : (7+11+20) + (6+14+19+2+5) = 84

Ce système de coordonnées trinitaires permet aussi de mettre en évidence le fait que les deux principaux noms de Dieu sont des multiples du nombre 13 qui est le nombre de « UN » (אחד) et de l’« Amour » (אהבה). Ce nombre est en quelque sorte l’unité de mesure, le quantum des noms divins.
« UN » (אחד) : 13.13.4

  • E = 1+8+4 = 13

« Amour » (אהבה) : 13.13.4

  • E = 1+5+2+5 = 13

Ces résonances numériques permettent d’oser l’interprétation du nom propre de Dieu, le Tétragramme, en disant que Dieu est 2 fois « Amour » : Amour éternel du Père et du Fils dans l’Unité de l’Esprit.

Quelques exemples de coordonnées trinitaires de noms attribués à Dieu :

  • Adonaï (אדני) : 29.11.2
  • El (אל) : 13.4.4
  • Elohim (אלהים) : 52.16.7
  • Nom propre (יהוה) : 26.17.8

Nous vous fournissons par ce lien : Alephbeth-Aide, l’alphabet en cinq colonnes comme aide à l’attribution des coordonnées trinitaires aux mots hébraïques.

A vous de jouer maintenant ! Osez l’utilisation des coordonnées trinitaires pour interpréter les passages de l’Ancien Testament et comparez ce système à celui de la Guematria classique. Pourquoi ne pas s’essayer sur les noms des cinq premiers livres de l’Ancien Testament ? N’hésitez pas à utiliser l’Alephbeth-Aide fourni plus haut

  • Genèse (בראשית)
  • Exode (שמות)
  • Lévitique (ויקרא)
  • Nombres (במדבר)
  • Deutéronome (דברים)

Suivez ce lien pour la réponse :

2 commentaires sur “Eléments d’exégèse numérale selon Jean-Gaston Bardet
  1. bernard gaffori dit :

    Bonjour
    Je crois qu’une erreur s’est glissée dans le texte.
    Concernant Isaac (יצחק) : 55.28.1 et Jacob (יעקב) : 47.20.2 , ne faut’ il pas lire
    Isaac (יצחק) : 55.19.1 et Jacob (יעקב) : 47.11.2

    • ibokna dit :

      Bonsoir,
      Vous avez raison, je viens de faire la modification des coordonnées d’Isaac et de Jacob.
      Bien cordialement
      Le Groupe Bardet

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