Séminaire 2018

Ce vingtième séminaire a été un grand moment de partage, de rencontre et d’enrichissement pour tous les participants.

Nous avons été accueillis par les Sœurs Bénédictines du Prieuré Saint-Benoît, à Montmartre. Toutes les conditions matérielles étaient réunies pour permettre à ce séminaire de se dérouler dans le confort et la bonne humeur. Nous étions 28 participants et, comme à l’accoutumée, nous avons eu largement l’occasion de partager tous ces moments d’amitié, de convivialité et de prière que nous apprécions tous.

En effet, l’organisation du séminaire annuel est prévue pour permettre à la fois des apports concernant l’œuvre de Jean-Gaston Bardet : c’est l’objet des différentes conférences ; des moments d’échanges à partir du contenu des conférences ; des moments de partage fraternel au cours des repas et des temps libres; des moments de recueillement, de prière en communauté, lors des offices.

Et, une fois de plus, nous avons pu ressentir l’intervention de l’Esprit-Saint qui, sans doute, nous a guidés lors de ce séminaire. Les interventions se sont harmonieusement répondues et complétées. Le programme est accessible par le lien suivant : Programme du Séminaire 2018.

Vous trouverez ci-après un résumé des présentations de cette année.
Si vous souhaitez faire des commentaires ou poser des questions sur les thèmes abordés, vous pouvez le faire en cliquant sur le lien suivant : commentaires ou questions.

Nous nous retrouverons l’an prochain aux dates suivantes : les vendredi 1, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019, au Prieuré Saint Benoit. Comme cette année, chacun de vous pourra se pré-inscrire au séminaire via le formulaire qui sera proposé sur le site.


TEMPS BIBLIQUE et ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL

L’an passé Sylvie m’a demandé de parler de l’Agapè dans laquelle je suis investie depuis plus de 15 ans maintenant. En préparant cet exposé, mûri dans la prière, il m’est apparu qu’il ne suffisait pas de faire une simple présentation de la démarche Agapè – qui va bien au-delà de la recherche d’un mieux-être, par ailleurs estimable – mais qu’il fallait en montrer la pertinence… ce que je vais essayer de faire !

L’Agapè Notre-Dame du Puy est une œuvre répondant à l’appel de saint Jean-Paul II pour une nouvelle évangélisation. Depuis le 8 décembre 2017 elle est « Association Publique de Fidèles » bénéficiant d’une reconnaissance diocésaine et placée sous la responsabilité de l’évêque du Puy-en-Velay (Mgr Luc Crepy). C’est une école de vie et de prière proposant aux retraitants – car il s’agit d’une retraite et non d’une session – de faire une rencontre personnelle et communautaire avec le Christ. Elle cherche à favoriser la conversion du cœur, la réconciliation avec soi-même et avec les autres, en ouvrant un chemin de libération intérieure, par une relecture de vie (de son histoire personnelle) à la lumière de la Parole de Dieu, de la prière et d’un accompagnement spirituel.

L’immersion totale dans la Parole de Dieu – Parole qui est efficace et efficiente – et la rencontre avec l’Amour inconditionnel de Dieu, va permettre au retraitant d’opérer un déplacement profond consistant à passer de la maîtrise de sa vie, à une attitude filiale à l’égard du Père. C’est l’amorce d’un chemin de conversion conduisant à une libération intérieure. Le qualificatif « intérieure » veut signifier que la relation que l’on cherche à restaurer est celle qui nous unit à Dieu dans l’Esprit. L’objectif est d’aider la personne à s’ouvrir à Dieu son père, et à réorienter sa vie, à la suite du Christ qui est, selon saint Jean (14, 6) : « Chemin, Vérité et Vie ». C’est une démarche croyante de conversion, explicitement finalisée sur la personne du Christ qui, seul, peut nous révéler notre identité de fils et fille de Dieu.

C’est très exactement un changement de paradigme qui conduit à remettre sa vie dans le bon sens, celui du Temps de Dieu.

Mais quel est ce bon sens du Temps de Dieu ? C’est ce que nous allons découvrir maintenant en nous plongeant dans la Bible.

 
 
 

Marie, nouvelle arche d’Alliance

Les expressions liant la Vierge Marie et l’Arche d’alliance ne sont pas si fréquentes dans les textes et prières de la tradition chrétienne. Nous trouvons par exemple une invocation « Arche d’alliance, priez pour nous » dans les « Litanies de la Sainte Vierge » ou « Litanies de Lorette », écrites au milieu du XVIème siècle et chantées dans le sanctuaire du même nom. Intéressons-nous à une explication de cette prière écrite par le père Pie Régamey, dominicain, dans un livre paru en 1946, intitulé : « Les plus beaux textes sur la Vierge Marie », p.214.

« L’arche était au milieu du peuple comme le témoignage de l’alliance que Dieu avait contractée avec lui. Marie joue bien ce rôle dans l’économie chrétienne. Et ce signe de l’alliance avait la forme d’une arche pour rappeler le salut accordé à la race au travers du déluge. « Marie est une arche plus vaste que celle de Noé » (Hésychius) : elle abrite tous les hommes, justes et pécheurs ».

Remarque : Hésychius est un évêque de Jérusalem du Vème siècle.

Ce commentaire théologique nous introduit dans la richesse de significations de cette expression, Marie Arche d’alliance. Le mot arche renvoie ici aussi bien à celle de Noé qu’à celle de l’Exode. Or, deux mots différents en hébreu, Tebah et Aron ont été traduits dans la Vulgate par le seul mot latin arca, arche. Le Saint-Esprit a sans doute voulu par là alerter sur le lien entre les deux arches et pour nous, ce lien, c’est Marie. Le mot alliance de ce commentaire est aussi à entendre dans le sens où Marie est l’intermédiaire entre l’humanité et le Christ, porteur du salut mais il se trouve qu’en hébreu, ce n’est pas le mot Berit, alliance qui est employé quand le peuple évoque l’arche mais le mot edout, témoignage.

Nous allons donc explorer ou plutôt pérégriner le long de ces différentes voies tout en restant fidèle à l’esprit de Jean Gaston Bardet, c’est-à-dire à être attentif aux lettres et à la petite numération, la seule utilisée dans ce travail.

 

L’onto-théo-cosmogenèse selon le Tétragramme

 

 

Je veux désormais des âmes de joie

J’ai choisi de développer ce thème parce que j’ai été interpellée par cette phrase de JG Bardet qui écrit « Il a fallu Jean de la Croix pour qu’il puisse y avoir Jean de la Joie » in Les clés p 240.

Pour développer ce thème, j’ai accepté 2 présupposés :

1er présupposé :
Jean Bardet écrit, In On ne me connaît pas, je suis l’amour p 158 : « Les révélations privées explicitent, déploient, développent certains points de l’enseignement de Jésus, relaté dans les Evangiles.
La Révélation reste ouverte. Saint-Jean conclut son Evangile : « Jésus a accompli bien d’autres signes qui ne sont pas relatés dans ce livre. » Et Jésus, récemment, déclara : « Mon Evangile n’a point fini de s’écrire. » afin de justifier les révélations et apparitions qui se multiplient et s’accélèrent, orientant vers de nouvelles dévotions et éclairant des dogmes anciens, non explicites dans toutes leurs implications. Marie, de son côté renchérit : « Jésus ne révèle tous ses secrets que petit à petit. » C’est pourquoi Jésus a promis d’envoyer Son Esprit, pour conduire à la vérité tout entière (Jean 16-23).

Les Evangiles sont « exacts en substance mais non dans le détail graphique », bien différent de l’Ecriture Esdraïque. Ils souffrent de nombreuses omissions. De fait, il manque « un tiers de l’enseignement du Christ » durant sa vie publique. Aussi l’Esprit doit-il compléter au cours des siècles. »

In Les clés p 268, il écrit :
« Le catholicisme doit sa richesse inépuisable à Trois sources unies : la Tradition est liée à l’environnement créé par le Père, l’Ecriture à la Parole qui s’incarne graphiquement en lettres-nombres ; les Révélations du Saint-Esprit, envoyé pour enseigner. Celui-ci procède par révélations privées, depuis l’Ascension (Mon Evangile n’a pas fini de s’écrire).

2ème présupposé :
La clé proposée par Jean Bardet et révélée par Jésus : tout va par 2 ; inachevé vers achevé.

Je vais tenter de montrer, au cours de cette conférence, comment Dieu, depuis l’Ancienne Alliance, nous conduit à lui par et dans la joie et comment nous pouvons répondre à son exhortation : « Je veux désormais des âmes de joie ».