L’abandon confiant à Dieu – Quatrième partie

L’abandon au quotidien

Oui, mais… L’abandon n’est pas naturel. Il est une grâce à demander à Dieu.

M’abandonner avec confiance à Dieu me ramène à ma Source qui me fortifie. J’abandonne les illusions engendrées par la peur que ressent l’ego. Je suis ainsi libéré des soucis inhérents à ma vie quotidienne. Faire confiance en Dieu, c’est reconnaître sa divine providence qui agence toutes les circonstances de ma vie pour mon plus grand bien.

Exemple célèbre :  » Ce n’est pas vous, dit Joseph à ses frères, qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu ; (…) le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien afin de (…) sauver la vie d’un peuple nombreux (Gn 45, 8 ; 50, 20 ; cf. Tb 2, 12-18 vulg.).

Alors je peux me consacrer à ma mission, mettre en pratique le double commandement, l’esprit libre, prêt à recevoir toutes les motions de l’Esprit-Saint qui va me guider au quotidien dans cette œuvre.
L’abandon confiant en Dieu permet cela et c’est en cela que c’est une nécessité vitale pour l’homme.

L’Amour est la REALITE du monde : s’abandonner avec confiance à Dieu signifie tout simplement cesser de s’abandonner à la peur pour s’abandonner à l’Amour. Et le lâcher prise dont il est question, est le lâcher-prise de l’illusion de la peur.

1Jn 4,18
« Il n’y a pas de crainte dans l’amour. »

Faire la volonté de Dieu n’implique aucun effort dès lors que nous reconnaissons que c’est aussi la nôtre.

Alors comment faire concrètement, dans notre quotidien de citadins stressés ? Comment vivre réellement, chaque jour, cet abandon confiant à Dieu, gage de paix, de sécurité, de joie ?

Comment concilier les exigences dues à nos responsabilités familiales et professionnelles qui nous conduisent à prendre des décisions tout au long de la journée, à avoir le contrôle de différentes situations, à manifester notre volonté propre et les exigences de l’abandon à Dieu ?

L’essentiel, la première chose à faire, est d’ancrer en nous cette volonté de vouloir faire la volonté de Dieu, de nous y abandonner avec totale confiance.

Il s’agit là sans doute de LA décision de notre vie car nous décidons ainsi de nous orienter vers Dieu, de nous laisser aimanter par Lui, de tout ramener à Lui, quoi qu’il arrive.

Chaque jour, il s’agit de décider, non pas de faire la volonté de Dieu, mais de vouloir faire la volonté de Dieu et de nous abandonner à Lui, dans une totale confiance, exactement comme le petit enfant s’abandonne dans les bras de ses parents. Un enfant qui reçoit tout et attend tout de ses parents avec cette confiance désarmante. Chaque jour et lorsque nous nous trouvons aux prises avec des situations difficiles. C’est LA décision fondatrice d’où le reste découle. Et cette décision nous la prenons en totale liberté, exprimant ainsi notre volonté d’entrer dans l’Alliance que Dieu nous offre.

Par cette décision, que nous renouvelons chaque jour, nous signifions que, pour nous, il n’y a de volonté que celle de Dieu.

Par cette décision, nous reconnaissons avec Saint Jean : Jn 5,30
« De moi-même je ne peux rien faire : je juge d’après ce que j’entends et mon jugement est juste parce que je ne veux pas faire ma volonté mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. ».

Je décide ainsi que ma volonté est de vouloir faire la volonté de Dieu. Et, du coup, la volonté de Dieu devient la mienne.

C’est l’image de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : l’enfant au pied de l’escalier qui lève son petit pied parce qu’il veut monter ; mais c’est l’adulte – c’est Dieu – qui va le prendre dans ses bras et monter l’escalier.

Plaçons notre foi dans l’Amour de Dieu, gage de paix et de sécurité parfaite. Seul l’Amour de Dieu est éternel, immuable et indéfectible. Et ce, pour chacun d’entre nous, sans exception.

Ainsi, le matin, je me lève et je suis joyeux. Joyeux parce que Dieu m’aime et qu’il ne veut que mon bien, parce qu’Il va me guider tout au long de cette journée, puisque je me confie à Lui, puisque je lui abandonne ma volonté. Je ne sais pas de quoi va être faite ma journée. Je m’apprête à accomplir mon devoir d’état, pour l’amour de Dieu, en même temps, je ne sais pas ce qui peut advenir dans cette journée. Peu importe, j’ai totale confiance en mon Père et je sais que, dans l’abandon, l’Esprit-Saint va me guider, m’éclairer, m’inspirer, sans même souvent que je m’en rende compte tout de suite. C’est avec le recul que je vais comprendre que Dieu me conduisait.

Je pratique l’exercice de la présence de Dieu toute la journée qui nous permet, à l’instar de Frère Laurent de la Résurrection de faire sa petite omelette pour Dieu et, quand on n’a plus rien à faire, de ramasser le fétu de paille pour l’amour de Dieu, encore et encore.

Ou bien encore, je pratique le « Décalogue de la sérénité » proposé par le Bienheureux Jean XXIII :

1. RIEN QU’AUJOURD’HUI, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.
2. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je porterai mon plus grand soin à mon apparence courtoise et à mes manières ; je ne critiquerai personne et je ne prétendrai redresser ou discipliner personne si ce n’est moi même.
3. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je serai heureux, dans la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde mais également dans celui-ci.
4. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je m’adapterai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.
5. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je consacrerai dix minutes à la bonne lecture, en me souvenant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, la bonne lecture est nécessaire à la vie de l’âme.
6. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je ferai une bonne action et je n’en parlerai à personne.
7. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je ferai au moins une chose que je n’aurai pas envie de faire ; et si j’étais offensé, j’essaierai que personne ne le sache.
8. RIEN QU’AUJOURD’HUI, j’établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m’en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.
9. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je croirai fermement – même si les circonstances prouvent le contraire – que la bonne Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.
10. RIEN QU’AUJOURD’HUI, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire en la bonté.

Dans la réalité, je ne vais peut-être pas éprouver cette joie et cette paix et cet amour tous les jours ; peu importe. Ce qui importe à Dieu, dans son infinie miséricorde, c’est que notre volonté soit de vouloir faire sa volonté.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *